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MSC, l'écolabel qui encourage le massacre?!

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MSC, l'écolabel qui encourage le massacre?!

Message par karzazi le Lun 28 Mar 2011, 11:16 am

Amelie Lescroel est chercheur en écologie et co-signataire de la lettre ouverte « Fishing for Data in the Ross Sea » (Science, décembre 2010). Sylvain Angerand est chargé de campagne pour les Amis de la terre France. Ils ont envoyé cette tribune à Rue89.



Chez Carrefour, le poisson est à la fête : du 17 au 23 février, l'enseigne de distribution lance sa semaine de communication « Les Jours bleus ». L'objectif est de promouvoir l'écolabel MSC censé garantir aux consommateurs que leur poisson est issu d'une pêche durable. Problème : depuis quelques mois, ce label est au cœur d'une controverse scientifique grandissante.



MSC, cela veut dire Marine Stewardship Council ; on peut traduire ça par « pêche durable ». Parce que du poisson, justement, il n'y a en a plus beaucoup :
l'effondrement des stocks à cause de la surpêche est l'un des principaux
problèmes écologiques actuels.

Le logo de l'écolabel Marine Stewardship Council (MSC).Or, pour continuer à vendre, il faut rassurer le consommateur. Créé en 1997 par le WWF et Unilever, ce label a mis du temps à trouver ses marques. Mais depuis quelques années, le logo en forme de petit poisson bleu et blanc se multiplie sur les boîtes de poisson pané et autres étalages des grandes surfaces.

Des autorisations injustifiées

Au départ, les scientifiques étaient plutôt enthousiastes à l'idée de mieux encadrer la pêche et d'encourager la pérennité des populations. Mais rapidement, les premiers couacs sont apparus. Il y a eu la certification, en 2004, d'une pêcherie de merlu en Afrique du Sud alors que le stock est considéré comme effondré. Rebelote en 2009 avec une autre pêcherie de merlu du Pacifique.

Plus récemment, une polémique a éclaté sur le colin d'Alaska, un poisson en bonne place sur les étals de Carrefour. Aujourd'hui, les tensions se cristallisent autour de la pêche à la légine antarctique. Ce poisson de luxe est devenu, en quelques années, une cible privilégiée de l'industrie halieutique avec une explosion de la pêche illégale.
Légine antarctique : la certification de trop

Malgré toutes les incertitudes sur l'état des stocks, les industriels ont fait appel au MSC pour rendre « respectables » ces prélèvements. Bingo ! En novembre 2010, ils ont obtenu le précieux label au grand dam des scientifiques qui l'ont fait savoir dans la revue Science.

Cette certification est celle de trop : la légine antarctique est une espèce dont on ignore où et avec quelle fréquence elle se reproduit puisque personne n'a jamais retrouvé ni œufs, ni larves.

Surtout, cette pêche a ouvert aux chalutiers les eaux du sanctuaire maritime de la mer de Ross, en Antarctique, qui est considéré comme l'écosystème marin le plus préservé au monde. La légine en est une espèce-clé et son exploitation menace l'équilibre du système ainsi que les populations de cachalots, orques et phoques qui s'en nourrissent. Un scandale.

Un label pour les pays développés

Le label MSC, c'est du sérieux. La preuve, il interdit explicitement les techniques des pêches destructrices. C'est à dire l'utilisation de poison ou, mieux, de dynamite. C'est bien mais c'est insuffisant, c'est un écran de fumée pour détourner l'attention de techniques beaucoup plus répandues et tout autant destructrices. L'utilisation de chaluts de fond qui détériorent les fonds marins et capturent l'ensemble des espèces sans aucune distinction est l'une d'elles.

Levons le voile sur le grand mystère : le MSC est un système contrôlé par l'industrie et les pays développés et ils ne s'en cachent pas. D'habitude, il y a toujours un responsable africain ou originaire d'Amérique du Sud dans le bureau de ce genre d'organisation pour faire illusion mais là, non. Aucun des treize membres du conseil du MSC ne provient d'un pays du Sud.

Dans un excellent rapport, Stefano Ponte, de l'Institut danois d'études internationales, nous explique comment, à la fin de l'apartheid en Afrique du Sud, les grandes entreprises se sont ruées sur le MSC pour éviter que le gouvernement ne redistribue plus équitablement les quotas de pêche avec les nouveaux arrivants.
6 000 euros pour un recours

Une autre technique consiste à multiplier les réunions dans les pays du Nord, notamment celles où sont discutés les critères de certification : c'est radical pour éviter que des représentants des pays du Sud, qui n'ont pas les moyens de parcourir la planète, ne participent. Et si cela ne suffit pas, on va faire payer les râleurs.

Les scientifiques sont bien souvent des gens rigoureux et obstinés : face au refus de l'organisme certificateur de prendre en compte leurs remarques sur la pêche à la légine antarctique, ils ont décidé de déposer une objection formelle. Une procédure pour laquelle MSC leur a demandé la bagatelle de 18 000 euros. Aujourd'hui, le MSC a fait un effort, ce recours ne coûte plus que 6 000 euros.

Les chercheurs croisent les doigts pour ne pas avoir à renouveler leur plainte, et les petits pêcheurs, bien souvent victimes collatérales de la pêche industrielle, se demandent bien où trouver une telle somme d'argent.

Fausse indépendance des sociétés d'audit

Le MSC n'aime pas qu'on le chatouille sur son indépendance. L'argument, développé dans un communiqué, est bien rodé :

« Le MSC ne touche aucune somme d'argent liée à l'évaluation et à la certification d'une pêcherie, afin de garantir toute son indépendance. »

Sauf que le problème n'est pas là. Comme la plupart des certifications, MSC accrédite un certain nombre d'entreprises privées qui se chargeront des audit de certification. C'est ensuite qu'il y a conflit d'intérêt : une pêcherie qui souhaite être certifiée fait appel à une des sociétés accréditées et la paye pour réaliser l'audit.

Quand on sait qu'un audit MSC coûte entre 10 000 et 100 000 euros et que ces sociétés d'audit sont en très forte concurrence, chacun comprendra que l'indépendance est très relative.

Le système a un autre « avantage » pour les petits pêcheurs des pays du Sud : pas besoin de dépenser vos économies pour assister aux réunions ou de porter plainte quand vous n'êtes pas d'accord, de toute façon vous ne pourrez jamais vous payer un audit.

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Re: MSC, l'écolabel qui encourage le massacre?!

Message par karzazi le Lun 28 Mar 2011, 11:22 am

Et la réponse du MSC Mars 2011:

Objet d'une tribune à charge la semaine dernière, le label MSC a riposté via un argumentaire point par point. Les dommages de la contre-publicité sur l'opinion, eux, restent encore à déterminer

Le fonctionnement du label MSC continue de susciter des doutes. La guerre des mots a repris la semaine dernière avec la publication d’une tribune à charge sur le site Rue89. Les intéressés se sont défendus. Reste à savoir s’ils ont convaincu.

Le titre est choc. « MSC, l’éco-label qui encourage le massacre ». Difficile de faire mieux pour attirer le lecteur avide de polémique. Son responsable Europe Nicolas Guichoux nous a accordé un entretien il y a une quinzaine de jours et n’a éludé aucune question, pas même celles qui pouvaient fâcher.

Il est bien placé pour le savoir, le label MSC (Marine Stewardship Council), lancé par le WWF et Unilever en 1997, fait depuis quelques mois l’objet de critiques récurrentes. À l’origine favorable à sa création, bon moyen à ses yeux de freiner la dégradation des ressources halieutiques, l’expert Daniel Pauly est devenu « labelo-sceptique » depuis que le MSC, officiellement indépendant depuis 1999, a accordé des certifications à de grandes entreprises jugées suspectes.

Respectivement chercheur en écologie et responsable chargé de la campagne Forêts pour l’association Les Amis de la Terre, Amélie Lescroel et Sylvain Angerand sont eux aussi circonspects et lui ont emboîté le pas. Rappelant tout d’abord les premiers accidents de parcours – « la certification en 2004 d’une pêcherie de merlu en Afrique du Sud alors que le stock est considéré comme effondré, rebelote en 2009 avec une autre pêcherie de merlu du Pacifique – , ils ont ensuite évoqué le cas de la légine antarctique, poisson victime d’une explosion mondiale de la demande et aujourd’hui largement surexploité, et le fait que « les industriels (aient) fait appel au MSC pour rendre « respectables » (sic) ces prèlevements ». Un voeu auquel la direction de l’éco-label a choisi d’accéder, provoquant l’ire d’une partie de la communauté scientifique, laquelle a fait savoir son mécontentement dans la très sérieuse revue Science.

« Cette certification est celle de trop », ont asséné Mme Lescroel et M. Angerand, qui ont rappelé qu’il s’agit d’une espèce « dont on ignore où et avec quelle fréquence elle se reproduit puisque personne n’a jamais trouvé ni oeufs ni larves » (!) « Surtout, cette pêche a ouvert aux chalutiers les eaux du sanctuaire maritime de la mer de Ross, en Antarctique, qui est considéré comme l’écosystème marin le plus préservé au monde », ont-ils ajouté.



Noyautage

« À la fin de l’apartheid, les grandes entreprises se sont ruées sur le MSC pour éviter que le gouvernement sud-africain ne redistribue plus équitablement les quotas de pêche avec les nouveaux arrivants », a poursuivi le duo d’experts, citant un rapport rédigé en 2006 par Stefano Ponte, membre de l’Institut danois d’études internationales. Et de dénoncer le fait que, contrairement au GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat) par exemple, « aucun des treize membres du conseil du MSC ne provient d’un pays du sud ». Une réelle carence qui compromettrait l’impartialité des décisions d’attribution et est à leurs yeux synonyme de noyautage par les industries des États septentrionaux, qui sont en outre les seuls à accueillir des réunions.

Quant à la proscription des techniques de pêche destructrices type poison et dynamite, elle permettrait de « détourner l’attention de techniques beaucoup plus répandues et tout aussi destructrices » comme « l’utilisation de chaluts de fonds qui détériorent les fonds marins et capturent l’ensemble des espèces sans aucune distinction », sur laquelle la direction du label fermerait délibérément les yeux.

La diatribe s’achève sur une dernière attaque, plus sévère encore que les précédentes : « MSC accrédite un certain nombre d’entreprises privées qui se chargeront des audits de certification [...] Une pêcherie qui souhaite être certifiée fait appel à une des sociétés accréditées et la paye pour réaliser l’audit ».

Ainsi la relative opacité du fonctionnement dissimulerait-elle un système passablement sclérosé, avec notamment des certifications qui ne seraient pas toujours conformes aux réalités des stocks. Le MSC ferait-il office de caution au greenwashing de certains groupes requérants ? Est-il devenu l’un des fossoyeurs des écosystèmes marins ? On s’en doute, ses responsables ont catégoriquement réfuté, point par point, les allégations de ses deux détracteurs, rappelant entre autres des avancées majeures éludées par ces derniers. Ont ainsi été citées dans son communiqué « l’amélioration de la santé des stocks de poissons, la réduction des captures accessoires, la mise en place de zones de non-pêche, la réduction des impacts sur les habitats marins ou encore l’amélioration des connaissances scientifiques ».

Le MSC dément en bloc

Au sujet de la légine antarctique, le label a insisté sur l’attribution de sa certification « sous l’égide de la CCAMLR (Convention sur la conservation de la faune et de la flore marine de l’Antarctique) » et plus largement sur le fait que « toute pêcherie certifiée via le référentiel MSC a démontré sa durabilité ». « Pour être précis, la légine n’est en aucun cas pêchée au chalutier mais à la palangre », ont précisé non sans malice les auteurs du communiqué. Une manière subtile de discréditer ses adversaires, à qui ils ont également rappelé – les détails ont leur importance – qu’« il n’appartient pas au MSC de décider si une zone internationale doit être fermée à la pêche mais aux gouvernements » et que, « depuis trente ans, vingt-six pays se partagent la mer de Ross, sur la décision des États ».

« Plus de quarante pêcheries du Sud sont actuellement engagées vers la certification » et le MSC « a organisé ces derniers mois de nombreux ateliers en Afrique de l’Ouest, de l’Est, du Nord ainsi qu’en Asie du Sud-est », a précisé sa direction quant aux assertions des deux environnementalistes sur l’exclusion des pays pauvres. De même il « développe actuellement un programme spécifique pour les pêcheries des pays du Sud ». Et de souligner « la transparence du processus de certification MSC, dont chaque étape est publiée et ouverte à consultation », et qui « va bien au-delà des systèmes de certification traditionnels ».

Reste l’allusion aux quotas de pêche, dont la définition et la répartition ne sont en aucun cas déterminées ou même influencées par le label.

L’intégralité de la réponse des accusés, peu relayée par nos confrères, est consultable sur le site internet du label.

Le débat est ouvert. Il est de toute façon préférable à la stigmatisation. À plus forte raison lorsqu’elle repose en partie sur des amalgames, des confusions et des idées reçues.

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